Saint-Malo. Guéguerre autour du nom « Capitaine Corsaire »

À Saint-Malo, l'association des Descendants de Capitaines Corsaires voit d'un mauvais œil la création de l'association Capitaine Corsaire. Elle menace d'en finir au tribunal.

On aurait bien aimé recueillir l’avis du « roi des corsaires » sur cette polémique. (© Le Pays Malouin)

À Saint-Malo, il y a des Chateaubriand, des corsaires et des Surcouf partout. Des hôtels, des rues, des Corsaires malouins qui jouent au théâtre, qui chantent, qui rament, des joueurs XV Corsaire sur les terrains de rugby le week-end, une carrosserie Surcouf, une SAS Surcouf consulting pour vous conseiller dans la gestion de vos affaires… Bref, plus qu’un témoignage du passé de la cité, ces noms font partie de notre quotidien et contribuent aujourd’hui à une identité malo-malouine.

« Ne pas nous confondre avec une activité commerciale »

Seulement, certaines formes d’homonymie ne plaisent pas à tout le monde. Il y a quelques mois s’est ainsi créée à Saint-Malo l’association loi 1901 « Capitaine Corsaire ». Sa vocation ? Organiser un salon nautique, qui doit se dérouler du 13 au 16 mai, à l’hippodrome. 120 professionnels (chantiers navals, vendeurs d’équipements ou d’accastillage, loueurs de bateaux, acteurs du tourisme…) seront regroupés pour cette première édition, parrainée par le skipper malouin Nils Boyer.

Mais « Capitaine Corsaire » est aussi le nom qu’utilise l’association des « Descendants de Capitaines Corsaires », créée en 1964, et forte dit-elle de 850 membres répartis sur tout le territoire français.

Or l’ADCC, rappelle son président Olivier de Galzain, « est une association à vocation culturelle » qui maintient « le prestige d’une histoire glorieuse » et qui « ne peut pas être confondue avec une activité commerciale qui a adopté un nom quasi-homonyme au sien ».

« S’il faut le faire, nous n’hésiterons pas »

Pour les Descendants de Capitaines Corsaires, ces nouveaux « corsaires » doivent tout bonnement changer de nom. Point final. « Nous avons demandé à cette association de changer sa dénomination ce qu’à ce jour elle a refusé », regrette ainsi Olivier de Galzain qui n’hésitera visiblement pas à partir à l’abordage des tribunaux.

Faudra-t-il en passer par la voie judiciaire pour régler ce différend ? Ce n'est évidemment pas ce qui est souhaité, mais s'il faut le faire, nous n'hésiterons pas

« On ne va pas tout recommencer à zéro pour ça »

Du côté de l’association organisatrice du salon, on se défend d’avoir voulu pirater ce nom. « Quand nous avons déposé le nom et les statuts de notre association en préfecture, on ne nous a rien dit », rappelle Frédéric Bochard, un président de l’association « Capitaine Corsaire » prêt à saborder son identité pour apaiser les tensions.

Nous avons depuis échangé avec l'ADCC. Nous n'avons rien contre eux bien entendu. On leur a même expliqué que nous voulions bien changer de nom, on n'y voit pas d'inconvénients. Mais pas cette année. Tous les contrats et les chèques encaissés ont été signés avec ce nom. Tous les documents sont déjà imprimés. On ne va pas tout recommencer à zéro et engager de nouveaux frais pour ça. On le leur a dit, mais ils ne veulent pas le savoir. Ils nous ont répondu en substance : changez de nom sinon on vous attaque

Frédéric Bochard comprend d’autant moins la réaction de l’ADCC que « ce n’est pas le nom de Capitaine Corsaire que nous mettons en avant mais celui de Salon Nautique de Saint-Malo. C’est simplement le nom de notre association ».

À défaut de trouver une solution, on propose aux deux parties un duel au sabre sur les remparts de la cité corsaire. Au pied bien entendu de la statue du « roi des corsaires » Robert Surcouf.

Par Samuel Sauneuf

Publié le 16 Fév 21 à 12:34